Zéro discrimination

Discriminations à l’embauche, refus de soins, inadaptabilité des logements aux personnes en situation d’handicap…les injustices liées à la discrimination sont nombreuses, tout comme les actions organisées par les membres de l’Alliance Citoyenne pour pointer le problème.

Face aux discriminations l’Alliance Citoyenne se jette à l’eau

L’Alliance Citoyenne a rappelé 550 personnes vues aux portes pour leur demander un témoignage de situation vécue ou connue de discriminations. Plusieurs situations ont été identifiées :

–  Refus de soin à des étrangers (bénéficiaires d’AME) par des opticiens et dentistes
–  Refus d’accompagner les sorties scolaires pour des femmes musulmanes portant le voile de l’école Barbusse à St Martin d’Hères
–  Pas d’accès aux piscines publiques municipales pour les personnes en maillot couvrant
–  Discrimination à l’embauche de femmes musulmanes portant le voile
–  Traitement dégradant de femmes musulmanes portant le voile lors de dépôt de plainte au commissariat

Une série de réunion de quartier a ensuite été organisée. Le cas de l’accès aux piscines a été pointé du doigt car il privait non seulement des femmes de l’accès aux bains, mais aussi leurs enfants qui, en dessous de 12 ans ont besoin d’être accompagnés par un adulte. Le refus d’accès à leur mère prive ainsi les enfants de baignade. Le cas s’est également posé pour une école qui manquait de parents en capacité d’accompagner les sorties piscines à cause de ces restrictions du règlement intérieur.

Ce cas devrait ainsi faire l’objet d’une mobilisation en 2018 pour demander à ce que les règlements intérieurs n’aient pour seuls critères que l’hygiène et la sécurité.

En parallèle les cas plus complexes de discrimination à l’embauche de ou de refus de soin feront l’objet d’un processus de testing pour étayer les témoignages recueillis et documenter l’injustice.

|GRENOBLE|- Enfermé chez lui à cause des travaux d’ascenseurs, il emménage dans l’agence Actis

« Ils pensent qu’on a rien à faire de notre vie parce qu’on est handicapé, c’est vraiment méprisant »

« C’est le mépris pour ma situation et mes besoins qui me rend fou, explique Rachid Sengouga. Priver un homme de sa liberté de mouvement est une atteinte à sa dignité et ses droits fondamentaux. S’il le faut, j’irai emménager dans le hall de la Mairie pour que Piolle, le président d’Actis, réalise ce qu’il fait subir aux locataires grenoblois en situation de handicap ».

Rachid Sengouga, ancien imam à la mosquée des Balladins à Villeneuve est en fauteuil suite à un AVC en 2011. Il habite un appartement Actis dans le quartier Hoche. En juin 2017, il découvre sur un écriteau à l’entrée de son immeuble que l’ascenseur sera immobilisé 3 semaines fin novembre.

Après être entré en contact avec son bailleur social, Actis, Rachid apprend qu’il bénéficierait d’une aide qui lui permettra de sortir et de rentrer de chez lui pendant une heure par jour, de 8h à 9h. 

Une heure insuffisante pour Rachid qui doit amener sa fille de 5 ans à l’école matin midi et soir.

Ce n’est finalement pas dans le hall de la mairie mais dans celui de son bailleur que Rachid a décidé de déménager. Le 7 novembre, portant matelas, fauteuil, lampes, une dizaine de voisins de Rachid sont venus l’aider à installer son mobilier dans l’agence d’ACTIS, son bailleur social, pour protester contre les mauvais traitements d’Actis pour les personnes à mobilité réduite.

|GRENOBLE| Toutes à la piscine !

Toutes à la piscine ! Cet été, une vingtaine de femmes, membres de l’Alliance Citoyenne, se sont données rendez-vous pour évoquer les discriminations qu’elles subissent à la piscine. En lançant cette nouvelle campagne, elles ont l’intention de mettre la question de l’accès démocratique à la piscine à l’agenda politique de la ville.

|AUBERVILLIERS| - Ils distribuent des PV aux voitures de police

« Les policiers font les cowboys dans le quartier et ils se garent n’importe comment. Certains locataires se retrouvent bloqués au moment de partir au travail, ou autre » explique une habitante du quartier La Frette Valès à Aubervilliers. Les habitants voisins du commissariat de la rue Rechossière ont décidé de passer à l’action.

« On a l’impression de vivre dans une société à deux vitesses. D’un côté, il y a le stationnement abusif des policiers, de l’autre on nous verbalise quand notre voiture n’est pas bien garée alors que nos places de parkings sont prises ».

Le 13 janvier, les habitants du quartier ont décidé de dénoncer les agissements des policiers.

Les habitants dénoncent une autre forme de toute puissance de la police qui s’ajoute aux contrôles incessants

Ils mettent les policiers à l’amende

Les habitants ont symboliquement déposé des faux PV sur toutes les voitures de police mal garées. « Qui contrôle la police ? » demande Gabriel au commissaire qui reçoit les porte-paroles. Ce dernier s’est alors engagé à rappeler les règles à ses agents et à sanctionner les abus. Il a proposé de prendre rendez-vous avec la préfecture pour imaginer d’autres solutions.

Le Parisien a publié un article sur l'action des locataires le 14 janvier 2017

|LYON| - De l'organisation des femmes de ménage à l’Alliance Citoyenne de Lyon

« Nous sommes comme des esclaves. Ils profitent que nous sommes étrangères pour nous voler » dénoncent Bintou et d’autres collègues employées du nettoyage.

Vols de salaires, paiement à la tâche, licenciements abusifs de celles qui osent parler. Marielle a découvert l’amploeur des injustices lorsqu’elle a commencé à rencontrer des centaines de femmes de ménage dans les hôtels de Lyon. Dans la suite des campagnes citoyennes d’appui à la défense des droits des femmes de ménage étrangères à Grenoble, l’alliance a lancé un partenariat avec l’association ReAct pour lancer un travail d’organisation à Lyon. Formation des organisatrices, partage d’expériences, rencontres entre Grenoblois et Lyonnais ont permis de renforcer la dynamique naissante.

120 femmes sont devenues membres de l’organisation et 470 sympathisantes informées de leurs droits et bénéficiant des actions menées. Les femmes de ménages des hôtels Appart’City, ont par exemple obtenu la fin du paiement à la tâche, un pointage horaire pour que chaque heure travaillée soit payée  et une prime compensatoire de 250€ pour les heures passées non payées dans le passé. Ainsi, même dans un secteur considéré comme « inorganisable », l’organisation des premiers concernés change la donne.

Dans la foulée de ce partenariat réussi, un projet d’organisation conjointe mêlant organisation syndicale et alliance citoyenne est en construction pour agir sur les droits du travail, du logement et les discriminations de manière coordonnée.

Le Théâtre forum, un outil d’éducation populaire contre les discriminations

L’Alliance Citoyenne a travaillé avec la troupe de théâtre forum les Fées Rosses pour construire des scènes à partir des vécus de discriminations sexistes et racistes. Après une rencontre-formation avec le Jana Sanskriti en novembre 2017 (organisation mêlant community organizing et théâtre en Inde), les leaders de l’Alliance ont souhaité utiliser plus encore les outils du théâtre de l’opprimé pour se former et préparer les actions et les négociations.

 

Des ateliers ont été organisés et un projet d’articulation des méthodes,  le théâtre-organisateur, a été conçu pour renforcer les campagnes, les formations des citoyens et les dynamiques d’émancipation contre toutes les dominations. Tous les organisateurs de l’alliance seront formés à cette nouvelle méthode au printemps 2018.