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Réponse à Darmanin: Les femmes musulmanes ont le droit d’agir contre les exclusions

Le Ministre Gérald Darmanin refuse que des femmes exclues du sport ou de l’emploi à cause de leur voile aient un soutien de la Commission Européenne pour s’organiser. Il fait de l’ingérence politique dans des procédures réglementaires rigoureuses de l’UE.
Parce que les injustices et discriminations qui les touchent sont nombreuses en France et qu’elles sont privées d’accès au sport, à des formations ou à des emplois, des femmes musulmanes ont décidé de s’unir pour défendre leur liberté religieuse et leurs droits.
 
Elles s’organisent en syndicat au sein de l’Alliance Citoyenne aux côtés d’autres personnes affectées par des injustices, des familles demandant le droit à un logement digne ou des personnes en situation de handicap se battant pour la liberté de mouvement. Ensemble, elles cherchent à construire une société inclusive, tolérante et respectueuse des libertés.
À la suite de l’article paru dans le Parisien-Aujourd’hui en France ce jour, l’Alliance Citoyenne tient à apporter des précisions :
➡️ En avril 2020, dans le cadre d’un appel à projets
lancé par la Commission Européenne, l’Alliance Citoyenne et ses partenaires ont déposé le projet “Femmes musulmanes debout pour que la tolérance soit la règle (Muslim women
standing to make tolerance a rule)”. Ce projet part du problème de l’existence de nombreux règlements interdisant l’accès à des femmes musulmanes portant un voile à des salles de sport, des bowlings, des centres de formation professionnelle ou des centres de soins. Sous couvert d’interdiction des couvre-chefs ou des signes religieux sans raison légale qui les justifie, ces règlements sont facteurs d’exclusion pour les femmes concernées. Des
discriminations que le Défenseur des Droits a condamné à plusieurs reprises et qui sont reconnues par de nombreuses enquêtes (Fondation Jean Jaures).
➡️À travers ce projet, l’Alliance Citoyenne appuie ces femmes à agir pour que la tolérance, l’égalité et la liberté l’emportent.
L’évaluation du projet menée par des auditeurs indépendants pour la Commission européenne a reconnu que “les femmes musulmanes sont l’un des groupes les plus vulnérables touchées par l’intolérance” et que le projet de l’Alliance Citoyenne peut leur
permettre de “devenir des actrices du changement dans leurs communautés ou auprès des institutions avec lesquelles elles interagissent”. Le projet a ainsi été retenu le 8 octobre
2020 avec la note de 89.5/100 basée sur des critères précis et exigeant conformément aux standards élevés de la Commission européenne.
➡️ Depuis le mois de novembre, l’Alliance Citoyenne attend la signature de la convention permettant le lancement du projet.
La lettre de Gérald Darmanin à la Commission Européenne pour demander le retrait de la subvention accordée à ce projet est une intervention politique qui cherche à influencer une procédure réglementaire. C’est un abus de pouvoir et une ingérence politique dans les processus d’attribution d’aide publique.
➡️ Par ailleurs, pour Gérald Darmanin, autoriser les femmes musulmanes qui portent le voile à faire du bowling ou du sport, ou bien à suivre des formations professionnelles serait un “projet politique de rupture sous couvert d’antiracisme”.
➡️ C’est un mensonge alors que les demandes de l’Alliance Citoyenne visent l’inclusion, la mixité et la tolérance.
➡️ Comme l’a montré l’Observatoire des libertés associatives dans bien d’autres cas, intervention discrétionnaire, désinformation, disqualification et amalgame sont autant de procédés utilisés par le pouvoir exécutif pour délégitimer et entraver les citoyens et
citoyennes porteuses de voix critiques.
➡️ En dépit des attaques mensongères de M. Darmanin, l’Alliance citoyenne et ses membres continueront à défendre les droits des
minorités, la liberté des femmes musulmanes, les droits des familles mal-logés, des personnes en situation handicap et de tous les citoyens et citoyennes affectés par des injustices. Elle appelle la Commission européenne à résister à la pression exercée par le
ministre de l’Intérieur et à faire confiance à ses équipes et ses procédures de sélection des projets contre le racisme et les discriminations.