Des familles riveraines de plantations agro-industrielles s’organisent pour défendre leur santé et leur environnement face aux pollutions

Nous sommes de plus en plus de familles riveraines de monocultures industrielles intensives à nous organiser en collectifs locaux ou en associations pour faire valoir nos droits et la protection de notre santé et de notre environnement face aux abus de ce modèle agro-industriel.

En France, on estime être 700 000 familles habitants des campagnes en 1ère ligne des pollutions agrotoxiques. Nos enfants sont frappés de cancers pédiatriques, de plus en plus de nos sources d’eau sont polluées par des pesticides ou leurs dérivés, nos animaux domestiques tombent malades, les légumes de nos potagers sont contaminés, nos campagnes vivantes deviennent mortes avec la disparition des oiseaux, des vers de terre, des poissons dans les rivières.


L’industrialisation de l’agriculture est porteuse de destruction pour assurer des profits aux entreprises agricoles. En tant qu’écosyndicats de riverain·es, nous demandons la transparence sur les produits utilisés, le respect des interdictions d’épandage par grand vent et la protection des sources d’eau, soit, partout, des garanties pour notre santé, celle de nos enfants et de tous les êtres vivants.

Nous voulons une agriculture paysanne sans produit toxique ni pollution. Nous voulons des campagnes vivantes.

Notre organisation pour un mouvement d’écosyndicats de riverains

Nous construisons un mouvement national des riverains ensemble pour transformer l’agro-industrie mortifère et retrouver des campagnes vivantes. Nous croyons à la nécessité d’articuler les échelles. Nous nous organisons localement pour gagner à l’échelle d’un territoire affecté par les pollutions, et nous voulons nous fédérer nationalement pour agir sur les lois et construire un collectif à même de contrebalancer la puissance de la FNSEA, des lobbys des producteurs de pesticides et des entreprises du secteur agro-industriel. Nous nous inscrivons dans un mouvement qui dépasse les frontières avec les femmes et les hommes ailleurs en Europe ou dans le monde qui luttent pour la vie et contre les abus de l’agro-industrie.

En février 2024, plutôt que d’accompagner la transition vers un modèle agroécologique seul à même de répondre aux enjeux climatiques et sanitaires, le gouvernement français s’est plié aux appels de la frange financiarisée et écocide du secteur agricole en annonçant une série de mesures à contre courant de l’urgence de la situation. En réponse, 8 associations et collectifs représentants des centaines de riverains de l’agro-industrie ont publié un appel au déblocage de moyens ambitieux pour poursuivre la transition en cours vers une sortie des pesticides de synthèse.

 

Dans le Tarn les familles riveraines de vergers se mobilisent contre les pratiques toxiques d’un géant de l’agro-industrie

 

  • En avril 2021, à l’appel de l’association de riverains Vaurais Nature Environnement, plus de 500 riverain·es manifestent pour dénoncer les pratiques abusives de l’entreprise Les Vergers du Sud.
  • En Octobre 2021, près de 50 habitant·es du territoire vivant proches des vergers se rassemblent devant la préfecture d’Albi. La préfète reconnait la violation de la loi de l’entreprise concernant les mesures antigel. Des tables de dialogue tripartites sont mises en place.
  • En janvier 2022, les riverain·es organisent une veillée funèbre pour dénoncer les pratiques mortifères de l’entreprise.

Grâce à leur mobilisation, les membres de VNE ont déjà obtenu :

  • L’arrêt de l’extension des vergers industriels
  • La mise en place d’anémomètres et de manches à air pour appliquer l’interdiction d’épandage en journée venteuse
  • La plantation de haies de protection

Dans les Alpes de Haute Provence, un nouvel écosyndicat de riverain·es pour des territoires zéro pesticides mis sur pieds

Une dynamique d’organisation collective est en cours dans la vallée de la Durance, où 300 personnes ont été privées d’eau potable durant plus de quatre mois dans le village du Castellet. En cause : une pollution de l’eau sept fois plus élevée que la normale suite à la décomposition d’un pesticide classé cancérigène, mutagène et reprotoxique (CMR).

Sur la commune des Mées, les habitant·es vivant pour certain·es à quelques mètres à peine des pommiers sont très inquiets pour leur santé et celle de leurs enfants.

« Quand ils épandent, je ferme les portes et les fenêtres, et j’empêche mes enfants de sortir. Ma terrasse est à quelques mètres des pommiers, les produits arrivent jusque dans ma piscine. J’ai eu des soucis de santé depuis que j’habite ici, notamment pendant ma grossesse, je me pose des questions. »

Dona, habitante de Dabisse

Une pétition a été lancée par les riverain·es inquiet·es pour tenter de faire changer les pratiques d’épandages, qui mettent à risque leur santé, l’eau et les écosystèmes, en demandant notamment des alertes en amont et la transparence sur les produits utilisés.

Le 5 mai 2023, près de 70 habitant·es du territoire étaient rassemblé·es à Oraison pour l’assemblée fondatrice de l’écosyndicat Riverains Ensemble Durance

Un mouvement social pour s’opposer aux forces colossales des agro-industriels et des firmes agrochimiques


Des écosyndicats de riverains se multiplient face à l’agro-industrie toxique, en France et dans le monde

Des victoires progressives pour aller vers des changements radicaux du modèle agricole

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Des ressources pour aller plus loin :

Dans le monde, le secteur agricole est responsable de 23% des émissions de gaz à effet de serre

« Je vis dans une zone agricole avec des traitements pesticides intensifs, ma maison est à quelques mètres des pommiers. J’ai deux enfants et je m’inquiète pour leur santé, surtout depuis que j’ai appris la pollution de l’eau du village voisin.

Nous avons uni nos forces avec des voisins. Nous nous sommes organisés, et nous avons interpellé les grands exploitants responsable et les élus, afin de protéger notre territoire et ses habitants. »

Dona S.

Riveraine de pommiers industriels et membre de l’écosyndicat Riverains Ensemble Durance, Alpes de Haute Provence

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Signataires de la pétition

Un écosyndicat de riverains, c’est quoi ?

Les écosyndicats des communautés riveraines de l’agriculture toxique sont les collectifs et associations qui, en défendant les intérêts des familles et de leur santé et leur cadre de vie défendent l’intérêts des écosystèmes dans leur ensemble.

Un écosyndicat est un collectif informel ou une association avec le plus grand nombre de membres possible parmi la communauté concernée. Un comité directeur ou un conseil d’administration organise les activités locales de mobilisation, sensibilisation, communication et négociation avec les dirigeants des firmes agricoles et les autorités publiques.

Cette notion d’écosyndicat a été utilisée pour la première fois pour décrire les syndicats des travailleurs du caoutchouc, les seringueiros avec Chico Mendès dans la forêt amazonienne brésilienne dans les années 1960.

Ils voyaient leur métier menacé par la déforestation. « Au début je défendais les travailleurs, puis j’ai compris que ça impliquait de défendre la forêt. Maintenant je défends l’humanité et la planète toute entière » disait Chico Mendès avant d’être assassiné sur ordre des patrons d’entreprises œuvrant à la déforestation.

Le mouvement Riverains Ensemble est soutenu par ReAct Transnational et l’Alliance Citoyenne.